Le village Cotignac

Cotignac est d'abord un nom qui sonne bon la Provence et le soleil, qui évoque le murmure de l'eau précieuse. Cette eau qui ruisselle partout dans le sol est à l'origine du site du village, en formant cette falaise de tuf de couleur ocre, avec ses stalactites.
Au sommet, se détachant sur le fond du ciel, deux tours de guet sont les témoins de troubles au XIIème siècle sur le terroir. En bas les maisons resserrées suggèrent une crèche, et des cyprès mêlent une note florentine à un cadre grec revu par Cézanne.
La force évocatrice de ce décor d'anfractuosités, cette douce harmonie enchantent l'oeil et communiquent des émotions. En découvrant Cotignac, on a le sentiment qu'ici le ciel et la terre se fondent pour en faire un lieu de prédilection*.
En son coeur, au détour de petites ruelles, des vestiges de remparts, d'anciennes magnaneries, des moulins à huile, des maisons à encorbellements, des hôtels particuliers dont celui de la famille de Condé, et son beffroi orné d'un campanile en fer forgé, aux formes fragiles et délicates, qui domine fièrement les toitures en escalier. Ici la lumière en réchauffant les tons est le grand artiste. Ce patrimoine de beauté et de l'art de vivre provençal ne peut laisser indifférent.
De nombreuses personnes ont trouvé à Cotignac l'inspiration qu'elles désiraient, le repos pour se ressourcer, la sérénité pour écrire. Ainsi Gontran de Poncins, ce gentilhomme explorateur qui en fit sa terre d'élection, l'architecte Pouillon qui participa à la restauration du monastère de Saint Joseph du Béssillon, Mme de Gaulle qui y séjourna, le chanteur Joe Dassin qui s'y maria. Les artistes ne pouvaient qu'y trouver un climat propice pour exercer leur talent, parmi eux le compositeur Marcel Landowski, le peintre Jean Arène et l'inclassable Armand Avril, le sculpteur Nicolas Valabrègue, le dessinateur Michel Roux.
Cotignac est une terre de passionnés de culture, et comment ne pas évoquer avant l'ouverture du Centre d'Art la Falaise, la figure d'un devancier le pharmacien Georges Blanc qui a la veille des années 60 donna naissance à un festival théâtral avec le concours de Jean Cocteau de Jean Darcy et d'Alexandre Toursky.